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Therapeutisches Taschenbuch

En 1846 Clemens Maria Franz von Bönninghausen, élève surdoué de Samuel Hahnemann dans l’étude, la compréhension et la pratique de l’Homéopathie, publiait en allemand le Therapeutisches Taschenbuch für homöopathische Aerzte zum Gebrauch am KrankenBette und beim Studium der reinen Arzneimittellehre1. Probablement le plus abouti et subtil de ses ouvrages homéopathiques. La correspondance ininterrompue entre les deux hommes montre que Samuel Hahnemann avait demandé ce répertoire à son élève2 et l’approuvait entièrement, même s’il ne put tenir entre ses mains la première édition. Une référence de l’Homéopathie pure3. Ce répertoire était traduit en français, et l’agencement des rubriques largement réorganisé, par le Dr Roth la même année sous le nom de:

Manuel de Thérapeutique Homœopathique

Nous avons entièrement retraduit en français la version originale allemande de 1846 et rétabli l’agencement alphabétique initial des rubriques. Cette nouvelle traduction est au cœur de notre logiciel Homeosoft. Nous avons essayé de retrouver pour chaque rubrique le sens que voulait y donner l’auteur, Il a été nécessaire pour certaines rubriques et utile pour d’autres, de « cerner le sens » par un groupe de mots en ne se contentant pas de traduire un mot allemand par un mot français. Afin en premier lieu de donner à l’utilisateur l’information nécessaire à la compréhension de ces rubriques, mais aussi de lui permettre, lors de l’utilisation du logiciel, de trouver plus facilement une rubrique recherchée dans la base de données. Ainsi: « Angst » est traduit par « Anxiété, angoisse, peur, insécurité », et chacun de ces mots, même un bout de mot, tapé au clavier peut amener l’utilisateur en un instant à la rubrique correspondante, qui peut être placée immédiatement dans la grille d’évaluation se mettant à jour en temps réel.

Hahnemann approuvait le manuel de Boenninghausen et pourtant ce répertoire semble bien singulier au regard des répertoires qui ont vu le jour avec le tournant du 20ème siècle, notamment le répertoire de J.T. Kent dont la première édition en langue anglaise (1897) établissait une nouvelle “référence” qui a connu un grand succès tout au long du 20ème siècle et encore aujourd’hui, avec des répertoires dont la taille ne cesse de croître par les additions de rubriques et de remèdes issus de toutes les sources publiées… La répertorisation informatique laissent bien souvent perplexe et même méfiant devant les remèdes proposés. Une solide expérience clinique est alors bienvenue pour différentier les remèdes à écarter de ceux qui méritent une étude approfondie.

Le Dr Denis Demarque écrit dans sa préface de la réédition du Manuel4:

« Plus un répertoire se complique moins il devient utilisable »

Les répertoires sur le modèle de celui de Kent sont visés, avec des rubriques locales contenant des modalités:

« En pratique, l’intérêt de cette adjonction est limité. En fait, les homéopathes actuels ont toujours le plus grands profit à consulter la remarquable section des modalités effectuée par Boenninghausen lui-même. En définitive, pour les cas litigieux, le recours à la Matière Médicale tranche aisément.»

Dans la suite de cette préface il réhabilite la méthode de Kent qui lui parait appropriée à la détermination du type sensible d’un individu, mais distingue clairement l’approche « scientifique » de Boenninghausen de l’approche « artistique »5 de Kent.

A vrai dire l’idée première de mettre dans un répertoire tous les symptômes publiés, même les symptômes complets, en espérant avec le temps et l’accumulation de l’expérience clinique, que les très petites rubriques ainsi formées, innombrables et malheureusement incomplètes, forment un jour des rubriques utilisables, était une démarche prometteuse… qui s’est avérée illusoire après un siècle d’expérience. Seule une grande maîtrise du répertoire de Kent permet d’identifier les rubriques véritablement utiles et d’en tirer le meilleur profit. Jost Künzli en a repérées un certain nombre par un point rouge dans son « Kent’s Repertorium Generale »6.

Le répertoire de Boenninghausen convient à l’homéopathe expérimenté comme au novice, ainsi que le laisse entendre son titre « … pour l’emploi au lit du malade et lors de l’étude de la matière médicale pure ». C’est avec un état d’esprit neutre que l’on regarde les remèdes placés en tête par la répertorisation. Sans préjuger commence le travail de différentiation faisant appel à l’expérience clinique du praticien et l’examen de la Matière Médicale. Dans ce travail la notion de « miasme » est pour beaucoup homéopathes un critère décisif de sélection du remède. Elle le fut pour Hahnemann mais a vu bien des évolutions depuis, avec une littérature abondante introduisant de nouveaux miasmes. De nos jours on est loin du consensus avec certains auteurs qui vont jusqu’à identifier 10 miasmes différents. Chez Hahnemann on en compte seulement 3. Doit-on s’arrêter là ? Probablement pas, car à notre connaissance il n’utilisait pas Tuberculinum et pourtant, quel homéopathe aujourd’hui n’a pas eu un jour à donner une dose de Tuberculinum comme remède intercurrent pour débloquer une situation où les remèdes indiqués changeaient perpétuellement sans déclencher de réaction curative durable ? De nos jours une tendance « classique » limite leur nombre à 57.

Les sources du répertoire

Quelles sont les sources de symptômes du répertoire ? Le visiteur du site a de grandes chances de rester sur sa faim. On ne sait pas grand chose, comme bien souvent lorsqu’il s’agit de comprendre le “comment” des œuvres de Boenninghausen. Pour une grande part, on se trouve réduit à faire des suppositions. Boenninghausen a utilisé la matière médicale de Hahnemann en premier lieu; comment imaginer qu’il en fût autrement ? Sa propre expérience clinique qui devait être considérable, même s’il ne put pratiquer librement avec le titre de docteur en médecine qu’à partir de 1843, puisqu’il indique dans la préface du Manuel au sujet du chapitre des modalités:

« … j’y ai mis beaucoup de choses qui m’ont été fournies par ma propre expérience, et que l’on chercherait en vain dans la matière médicale pure ou ailleurs »8.

Il mentionne l’utilisation d’autres sources sans que l’on puisse apprendre lesquelles. A vrai dire, sortir du cercle des élèves et disciples de Hahnemann restés strictement fidèles à sa doctrine n’aurait pas été très prudent. Il devait avoir collecté et classé pendant de longues années un très grand nombre de symptômes. La rigueur de la construction du répertoire transparaît; c’est celle du botaniste qu’il fut auparavant, rompu à cet exercice consistant à systématiquement classer et répertorier. Il n’y a que les 125 remèdes bien connus de l’époque, mais si bien sélectionnés (par Hahnemann pour la plupart) qu’il est assez rare, que ne se trouve pas parmi eux le « bon » remède (Organon §166), capable de déclencher la réaction curative attendue. Pour résumer: un répertoire compact et seulement 125 remèdes, avec en vis à vis une matière médicale fiable, la Matière Médicale Pure et Les Maladies Chroniques de Hahnemann; ajoutez les 2 volumes du Ausführlicher Symptomen-Kodex der homöopathischen Arzneimittellehre9 de G.H.G, Jahr (allemand), les 10 volumes de The Encyclopedie of Pure Materia Medica10 de T.F. Allen (anglais) et les 10 volumes des Guiding Symptoms 11 de C. Hering (anglais). Tous ouvrages du 19ème siècle… et vous avez en mains les meilleurs atouts pour résoudre vos cas. Ceci est un paradoxe au milieu des sciences et techniques du monde moderne où le temps qui passe est généralement synonyme de progrès. La mécanique de Newton est toujours “vrai” mais elle a été avalée par la Mécanique Quantique et la Relativité Générale. L’Homéopathie authentique décrite par Hahnemann semble intemporelle et les écarts plus ou moins larges, parfois bien loin de la doctrine du maître décrite dans l’Organon, conduisent les aventuriers à des théories parfois très séduisantes mais dont l’efficacité reste à démontrer.

Le Répertoire de Boenninghausen et la Méthode Boenninghausen vont de paire. Ils sont très en vogue en Allemagne, surtout depuis l’introduction de la notion de « polarités ». Les logiciels de répertorisations prenant en compte la polarité ne manquent pas en langue allemande.

  1. Réimpression à l’identique, B. von der Lieth, Verlag für homöopatische Literatur, Hamburg 2004, ISBN 3-926836-06-7
  2. Contrairement aux répertoires précédents de Boenninghausen, ce dernier mêle les remèdes sans tenir compte des miasmes. On peut se demander si, après mûre réflexion, Hahnemann en était venu à penser que l’examen des symptômes devait prendre le pas sur l’identification du miasme.
  3. Telle qu’elle était pratiquée par Hahnemann, ses élèves et disciples restés strictement fidèles à sa doctrine
  4. L.H.F Editeur, 1976
  5. Il n’y a dans l’expression « artistique » employée aucune intention de dévaloriser l’art par rapport à la science
  6. Kent’s Repertorium Generale, Barthel & Barthel Publishing, 1987, ISBN 3-88950-008-0
  7. The Foundation of the Chronic Miasms in the Practice of Homeopathy,  Henny Heudens-Mast, Lutea Press, 2005
  8. Effectivement la matière médicale de Hahnemann est relativement pauvre en modalités
  9. Verlag Homöopathisches Wissen, Euskirchen, ISBN 3-933581-06-0
  10. B.Jain Publishers, New Delhi, ISBN 81-7021-501-3
  11. B.Jain Publishers, New Dehli ISBN 81-7021-090-9

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Les idées développées sur ce site sont des aspects de l'Homéopathie de Samuel Hahnemann en tant qu'art médical destiné à restaurer l'énergie vitale perturbée. L'accent est mis sur la "méthode de Boenninghausen" qui permet de reconstruire une matière médicale virtuelle par la combinaison des rubriques de son Manuel de Thérapeutique Homéopathique. Le logiciel Homeosoft fournit une interface informatique entre le répertoire de Boenninghausen et l'utilisateur, qui est mise à la disposition de ce dernier sous condition d'acquisition d'une licence. L'emploi médical du logiciel est de la responsabilité exclusive de l'utilisateur. Si l'utilisateur n'est pas médecin, nous l'invitons à faire appel à un médecin, seul habilité à déterminer le traitement médical qui convient au patient. Le logiciel Homeosoft et la traduction du répertoire de Boenninghausen en français intégrée dans le logiciel Homeosoft demeurent la propriété de Michel Ramillon © 2013-2016.

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